Annoncer, célébrer, servir l'Evangile de la vie
L'Evangile de la vie est pour la cité des hommes

Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de la vie :

  • nouvelle parce qu'elle sera en mesure d'aborder et de résoudre les problèmes inédits posés aujourd'hui au sujet de la vie de l'homme ;
  • nouvelle, parce qu'elle sera adoptée avec une conviction forte et active par tous les chrétiens ;
  • nouvelle, parce qu'elle sera capable de susciter un débat culturel sérieux et courageux avec tous (E.V. 95).

Personne ne doit se sentir exclu de cette mobilisation pour une nouvelle culture de la vie : tous ont un rôle important à jouer (EV 98).

Les personnels de santé.

Une responsabilité spécifique est confiée au personnel de santé... Leurs professions en font des gardiens et des serviteurs de la vie humaine (E.V. 89).

En particulier, on doit reconsidérer le rôle des hôpitaux, des cliniques et des maisons de soin : leur véritable identité n'est pas seulement celle d'institutions où l'on s'occupe des malades ou des mourants, mais avant celle de milieux où la douleur, la souffrance et la mort sont reconnues et interprétées dans leur sens proprement humain et spécifiquement chrétiens. D'une façon spéciale, cette identité doit apparaître clairement et efficacement dans les instituts dépendant de religieux ou liés en quelque autre manière à l'Eglise (EV 88).

Les enseignants et les éducateurs.

Avec celle des familles, la mission des enseignants et des éducateurs est particulièrement précieuse. Il dépend largement d'eux que les jeunes, formés à une liberté véritable, sachent garder en eux-mêmes et répandre autour d'eux des idéaux de vie authentiques, et qu'ils sachent grandir dans le respect et dans le service de toute personne, en famille et dans la société (EV 98).

Les intellectuels.

De même les intellectuels peuvent faire beaucoup pour édifier une nouvelle culture de la vie humaine. Les intellectuels catholiques ont un rôle particulier, car ils sont appelés à se rendre activement présents dans les lieux privilégiés où s'élabore la culture, dans le monde de l'école et de l'université, dans les milieux de la recherche scientifique et technique, dans les cercles de création artistique et de réflexion humaniste. Nourrissant leur inspiration et leur action à la pure sève de l'Evangile, ils doivent s'employer à favoriser une nouvelle culture de la vie, par la production de contributions sérieuses, bien informées et susceptibles de s'imposer par leur valeur à l'attention et au respect de tous. Précisément dans cette perspective, j'ai institué l'Académie Pontificale pour la Vie... (EV 98).
Les universités fourniront aussi un apport spécifique, les universités catholiques en particulier, de même que les Centres, Instituts et Comités de bioéthique (EV 98).

Les acteurs des moyens de communication sociale

Les divers acteurs des moyens de communication sociale ont une grande et grave responsabilité : il leur faut faire en sorte que les messages transmis avec beaucoup d'efficacité contribuent à la culture de la vie. C'est ainsi qu'ils doivent présenter des exemples de vie élevés et nobles, donner une place à des témoignages positifs et parfois héroïques d'amour pour l'homme, proposer les valeurs de la sexualité et de l'amour avec un grand respect, sans se complaire dans ce qui corrompt et avilit la dignité de l'homme. Dans la lecture de la réalité, ils doivent refuser de mettre en relief ce qui peut suggérer ou aggraver des sentiments ou des attitudes d'indifférnce, de mépris ou de refus envers la vie. Tout en restant scrupuleusement fidèles à la vérité des faits, il leur appartient d'allier la liberté de l'information au respect de toutes les personnes et à une profonde humanité (EV 98).

Les femmes

Pour obtenir ce courant culturel en faveur de la vie, la pensée et l'action des femmes jouent un rôle unique et sans doute déterminant : il leur revient de promouvoir un "nouveau féminisme" qui, sans succomber à la tentation de suivre les modèles masculins, sache reconnaître et exprimer le vraie génie féminin dans toutes les manifestations de la vie en société, travaillant à dépasser toute forme de discrimination, de violence et d'exploitation.
Reprenant le message final du Concile Vatican II, j'adresse moi aussi aux femmes cet appel pressant : "Réconciliez les hommes avec la vie" (EV 99).

L'Etat

L'Evangile de la vie n'est pas exclusivement réservé aux croyants, il est pour tous. La question de la vie, de sa défense et de sa promotion n'est pas la prérogative des seuls chrétiens. Même si elle reçoit de la foi une lumière et une force extraordinaires, elle appartient à toute conscience humaine qui aspire à la vérité et qui a le souci attentif du sort de l'humanité. Il y a assurément dans la vie une valeur sacrée et religieuse, mais en aucune manière on ne peut dire que cela n'interpelle que les croyants. En effet, il s'agit d'une valeur que tout être humain peut saisir à la lumière de la raison et qui concerne nécessairement tout le monde.

Par conséquent, notre action de "peuple de la vie et pour la vie" demande à être comprise de manière juste et accueillie avec sympathie. Quand l'Eglise déclare que le respect inconditionnel du droit à la vie de toute personne innocente depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle est un des piliers sur lesquels repose toute société civile, elle "désire seulement promouvoir un Etat humain. Un Etat qui reconnaisse que son premier devoir est la défense des droits fondamentaux de la personne humaine, spécialement les droits du plus faible".

L'Evangile de la vie est pour la cité des hommes. Agir en faveur de la vie, c'est contribuer au renouveau de la société par la réalisation du bien commun. En effet, il n'est pas possible de réaliser le bien commun sans reconnaître et protéger le droit à la vie, sur lequel se fondent et se développent tous les autres droits inaliénables de l'être humain. Et une société ne peut avoir un fondement solide si, tout en affirmant des valeurs comme la dignité de la personne, la justice et la paix, elle se contredit radicalement en acceptant ou en tolérant les formes les plus diverses de mépris ou d'atteintes à la vie humaine, surtout quand elle est faible ou marginalisée. Seul le respect de la vie peut fonder et garantir les biens les plus précieux et les plus nécessaires de la société, comme la démocratie et la paix.

En effet, il ne peut y avoir une vraie démocratie si l'on ne reconnaît pas la dignité de toute personne et si l'on n'en respecte pas les droits.

Il ne peut y avoir non plus une vraie paix si l'on ne défend pas et si l'on ne soutient pas la vie...
Le "peuple de la vie" est heureux de pouvoir partager avec tant d'autres personnes ses engagements ; et ainsi sera toujours plus nombreux le "peuple pour la vie", et la nouvelle culture de l'amour et de la solidarité pourra se développer pour le vrai bien de la cité des hommes (EV 101).

N.B. : sur le rôle de l'Etat et des politiques, reprendre les n° 68 à 74, sur le rapport entre loi civile et loi morale.