L'Evangile de la vie trouve un écho profond dans le coeur de chaque personne

A l'aube du salut, il y a la naissance d'un enfant, proclamée comme une joyeuse nouvelle : "Je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple : aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David" (Lc 2, 10-11).

Assurément, la naissance du Sauveur a libéré cette "grande joie", mais, à Noël, le sens plénier de toute naissance humaine se trouve également révélé, et la joie messianique apparaît ainsi comme le fondement et l'accomplissement de la joie qui accompagne la naissance de tout enfant (cf Jn 16, 21) (E.V. 1).

Exprimant ce qui est au coeur de sa mission rédemptrice, Jésus dit : "Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance" (Jn 10, 10). En vérité, il veut parler de la vie "nouvelle" et "éternelle" qui est la communion avec le Père, à laquelle tout homme est appelé par grâce dans le Fils, par l'action de l'Esprit sanctificateur. C'est précisément dans cette "vie" que les aspects et les moments de la vie de l'homme acquièrent tous leur pleine signification (E.V. 1).

L'Eglise sait que cet Evangile de la vie, qui lui a été remis par son Seigneur, trouve un écho profond et convaincant dans le coeur de chaque personne, croyante et même non croyante, parce que, tout en dépassant infiniment ses attentes, il y correspond de manière surprenante. Malgré les difficultés et les incertitudes, tout homme sincèrement ouvert à la vérité et au bien peut, avec la lumière de la raison, et sans oublier le travail secret de la grâce, arriver à reconnaître, dans la loi naturelle inscrite dans les coeurs (Rm 2, 14-15), la valeur sacrée de la vie humaine depuis son commencement jusqu'à son terme ; et il peut affirmer le droit de tout être humain à voir intégralement respecter ce bien qui est pour lui primordial. La convivialité humaine et la communauté politique elle-même se fondent sur la reconnaissance de ce droit (EV 1).

L'Evangile de la vie n'est pas exclusivement réservé aux croyants, il est pour tous. La question de la vie, de sa défense et de sa promotion n'est pas la prérogative des seuls chrétiens. Même si elle reçoit de la foi une lumière et une force extraordinaires, elle appartient à toute conscience humaine qui aspire à la vérité et qui a le souci attentif du sort de l'humanité. Il y a assurément dans la vie une valeur sacrée et religieuse, mais en aucune manière on ne peut dire que cela n'interpelle que les croyants. En effet, il s'agit d'une valeur que tout être humain peut saisir à la lumière de la raison et qui concerne nécessairement tout le monde (EV 101).