14. Jésus et les femmes
La femme dans l'Evangile

"Jésus, dépassant les normes en vigueur dans la culture de son temps, eut à l'égard des femmes une attitude d'ouverture, de respect, d'accueil, de tendresse. Il honorait ainsi chez la femme la dignité qu'elle a toujours eux dans le dessein et dans l'amour de Dieu" (n° 3).

Tout ce que nous avons pu réfléchir et méditer sur le mystère de la femme, sur le génie féminin et le rôle de la femme dans l'Eglise et dans le monde, à partir de cette "Lettre aux femmes", et en référence au texte de la Genèse sur la création de l'homme et de la femme, tout cela nous le retrouvons dans l'Evangile. A travers ses rencontres avec des femmes, dans des situations et des circonstances diverses, Jésus invite les hommes de tous les temps à ce regard et cette attitude d'ouverture, de respect, d'accueil et de tendresse.

La libération de la femme, la reconnaissance de ses droits et de sa dignité égale à celle de l'homme, la mise en valeur de son mystère et de son génie propre ne sont pas des questions nouvelles. Mais l'Evangile, Parole de Dieu, accomplissement de l'Ancien Testament, précise ce qu'apporte à notre vision de la femme le salut en Jésus-Christ.

Il est impossible en quelques phrases de s'étendre sur un tel trésor de méditation. Aussi, nous reprendrons simplement quelques points du livre de Georgette Blaquière, "La grâce d'être femme, que nous vous conseillons de lire et de méditer. C'est, selon son auteur, "la contemplation du message évangélique en ce qui concerne les femmes. C'est-à-dire une contemplation du dessein d'amour de Dieu sur la femme, tel que Jésus-Christ l'a révélé : la femme créée comme l'homme à l'image de Dieu ; manifestant comme l'homme le mystère de Dieu et appelée comme l'homme à la suite du Christ et au service du Royaume".

En deux grandes parties, Georgette Blaquière contemple le dessein libérateur de Jésus qui permettra à la femme -c'est le thème de la deuxième partie- d'accomplir sa mission prophétique.

La libération est comme une re-création. C'est pourquoi la libération de la femme courbée, un jour de sabbat, à la synagogue (Lc 13, 10-17), la femme libérée de ses liens, peut être considérée comme un signe du Royaume, de la création nouvelle : les aveugles voient, les boiteux marchent, les captifs sont libérés.

La libération de la femme, manifestation du Règne de Dieu ! Voilà qui convient bien à la réflexion de Jean-Paul II !
En quoi consiste cette libération ? C'est d'une part l'affranchissement du pouvoir masculin que Jésus affirme quand il répond aux pharisiens que l'homme n'a pas le droit de répudier sa femme, autrement dit qu'il n'en dispose pas à son gré. C'est d'autre part l'ouverture de la mission de la femme au-delà de la maternité charnelle, lorsque Jésus est interrogé sur la femme sept fois veuve. Ainsi, par cette libération, l'homme perd une esclave, mais il retrouve dans la femme l'aide qui lui est assortie, celle qui lui est complémentaire et avec qui il doit remplir la terre et la soumettre.

La femme est libérée aussi du soupçon qui pèse sur elle, et en particulier ce terrible soupçon d'être la tentatrice, responsable du mal, responsable de l'échec de l'homme. Certains passages de l'Ancien Testament, notamment dans les livres de Sagesse, ne sont pas très tendres à ce sujet. Et Georgette Blaquière commente ainsi le récit de la femme adultère : "Jésus nous libère du simplisme qui fait dire à l'homme : c'est la femme qui a péché, en situant l'homme et la femme dans leur vérité, c'est-à-dire dans la "communion des pécheurs" appelés au repentir qui est l'ici-bas et l'annonce de la "communion des saints".

La femme est également libérée du péché ; d'abord par la réorientation de son désir : c'est le sens du dialogue de Jésus avec la Samaritaine ; puis par le pardon accordé dans la foi, la foi purificatrice de l'amour : c'est l'épisode de la pécheresse pardonnée parce qu'elle a montré beaucoup d'amour.

Alors s'éclaire la dimension prophétique de la femme déjà évoquée précédemment. Soulignons simplement ce que Georgette Blaquière dit de la femme figure de l'Eglise : comme vierge, la femme figure l'Eglise, fiancée qui attend son bien-aimé ; c'est la parabole des dix vierges qui attendent l'époux dans la nuit de la foi. La femme stérile, Elisabeth, figure l'Eglise, mère comblée au-delà de toute espérance. La veuve, c'est l'Eglise de la grande épreuve qui n'attend sa consolation que de Dieu. La cananéenne, c'est l'Eglise de l'intercession, qui ne cesse de crier vers Dieu pour obtenir miséricorde.
Femme, avec les femmes de l'Evangile, mets-toi à la suite de Jésus, pour entendre sa Parole, la méditer en ton coeur, et la laisser fructifier dans le service de tes frères les hommes.