9. Merci à toi, femme au travail

"Merci à toi, femme au travail, engagée dans tous les secteurs de la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique, pour ta contribution irremplaçable à l'élaboration d'une culture qui puisse allier la raison et le sentiment, à une conception de la vie toujours ouverte au sens du "mystère", à l'édification de structures économiques et politiques humainement plus riches" (n° 2).

Jean-Paul II insiste très fortement dans sa lettre sur le rôle primordial de la femme dans les diverses activités, dans les divers lieux où s'organisent la vie de la société : la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique...

"Il est temps de regarder avec le courage de la mémoire et la sincère reconnaissance des responsabilités la longue histoire de l'humanité à laquelle les femmes ont apporté une contribution qui n'est pas inférieure à celle des hommes, la plupart du temps dans des conditions bien plus difficiles" (n° 3).

Le Pape souligne aussi à plusieurs reprises avec admiration le courage des femmes qui ont su tant apporter à la société malgré les "situations désavantageuses, exclues qu'elles étaient bien souvent d'une éducation égale à celle des hommes, exposées à être sous-estimées, à voir leur apport intellectuel méconnu ou même à en être dépossédées" (n° 3). "Et que dire des obstacles qui, en de nombreuses parties du monde empêchent encore les femmes de s'intégrer pleinement dans la vie sociale, politique et économique" (n° 4).

Jean-Paul II se fait un ardent défenseur de la femme au travail : "Il est urgent d'obtenir... la parité des salaires pour un travail égal, la protection des mères qui travaillent, un juste avancement dans la carrière... la reconnaissance de tout ce qui est lié aux droits et aux devoirs du citoyen dans un régime démocratique" (n° 4).

Il paraît toutefois nécessaire ici de préciser la notion de femme au travail. Une mère de famille nombreuse me disait : "Je suis toujours un peu vexée, quand je remplis la paperasserie administrative. A chaque fois que je dois répondre à la profession, j'écris : SANS ; et j'ai toujours envie d'écrire : CENT. Car je fais chaque jour plein de métiers différents : chauffeur, cuisinière, médecin et infirmière, lingère, femme de ménage, professeur en toutes matières (y compris l'éducation physique), puéricultrice, économe... et j'en passe !" En effet, et Jean-Paul II l'avait écrit dans l'exhortation apostolique sur "Les tâches de la famille chrétienne", parler de la femme au travail, ce n'est pas considérer seulement les femmes qui ont une activité rémunérée en dehors de leur foyer, mais l'ensemble des femmes dont les activités contribuent à l'humanisation de la société.

Ceci étant précisé, pour Jean-Paul II non seulement la femme a le droit de participer à la vie et à l'organisation de la société, mais elle en a le devoir. En effet, "il s'agit là d'un acte de justice, mais aussi d'une nécessité" (n° 4). De très graves problèmes sont actuellement débattus. Jean-Paul II en cite plusieurs, notamment tout ce qui touche au domaine social, au domaine des soins et de la santé. La présence de la femme et son intervention dans toutes ces questions permettront aux chommes de ne pas juger et décider sur les seuls critères d'utilité et d'efficacité. "La femme -parce que c'est son génie propre- obligera à redéfinir les systèmes au bénéfice des processus d'humanisation qui caractérisent la civilisation de l'amour" (n° 4).

Comme toujours, c'est sur la Parole de Dieu que Jean-Paul II appuie sa réflexion. Revenant sur le récit fondamental de la création, aux premiers chapitres de la Genèse, il fait apparaître l'égale responsabilité de l'homme et de la femme dans la tâche d'emplir la terre et de la soumettre. Et il insiste fortement sur l'importance du rôle de la femme : "Vraiment grande est l'importance de ce que doivent à l'apport des femmes les différents secteurs de la société, les Etats, les cultures nationales, et en définitive, le progrès du genre humain tout entier" (n° 8).

Femme, parce que ta grâce d'intériorité te fait voir l'essentiel, ce qui est invisible pour les yeux, parce que ta vocation est de te donner, par cette grâce et à travers ce don, ouvre le coeur des hommes à l'intelligence de leur propre mystère. Aide-les à répondre à la question émerveillée du psalmiste : "Qui est l'homme, Seigneur, que tu prennes soin de lui?" (Psaume 8). Car c'est la réponse à cette question qui guidera toute leur activité sur la terre.