8. La femme éducatrice
Educatrice des relations sociales, éducatrice de la paix

"La dimension éthique et sociale qui marque les relations humaines et les valeurs de l'esprit paraît plus importante [que la dimension scientifique et technique du progrès] ; dans cette dimension, souvent développée sans bruit à partir des relations quotidiennes entre les personnes, spécialement à l'intérieur de la famille, c'est précisément au génie de la femme que la société est en grande partie débitrice" (n° 9).

Par son rôle d'éducatrice, en apprenant à l'homme à vivre en relation avec les autres, la femme a une influence sur le climat d'entente ou de mésentente entre les hommes.

Il nous faut, aujourd'hui plus que jamais, rappeler avec force le message du Saint Père pour la journée mondiale de la paix, le 1er janvier 1995 : "La femme éducatrice de la paix". "J'adresse mon message surtout aux femmes en leur demandant de se faire de tout leur être et de toutes leurs forces les éducatrices de la paix. Qu'elles soient témoins, messagères et maîtresses de paix dans les relations entre personnes et entre générations, dans la famille, dans la vie culturelle, sociale et politique des nations, en particulier dans les situations de conflit et de guerre... Cette invitation adressée particulièrement aux femmes repose sur la conscience du fait que Dieu leur confie l'homme, l'être humain, d'une manière spécifique".

Dans "L'Evangile de la vie", Jean-Paul II souligne que le contact très privilégié que la femme établit avec son enfant "crée une attitude envers l'homme en général...", attitude qui caractérise profondément toute la personnalité de la femme. En effet, écrit-il, "la mère accueille et porte en elle un autre ; elle lui permet de grandir en elle, lui donne la place qui lui revient en respectant son altérité. Ainsi la femme perçoit et enseigne que les relations humaines sont authentiques si elles s'ouvrent à l'accueil de la personne de l'autre..." (Evangilium Vitae n° 99). "La femme voit avec le coeur. Elle le voit indépendamment des différents systèmes idéologiques ou politiques" (Lettre aux femmes n° 12). L'autre est reconnu et aimé pour lui-même et non pour d'autres facteurs comme l'utilité, l'efficacité, la force, l'intelligence, la beauté, la santé. "Telle est la contribution  fondamentale que l'Eglise et l'humanité attendent des femmes" (Evangelium Vitae n° 99). "Elles contribuent à la pleine vérité des relations humaines" (Lettre aux femmes n° 2). Alors peut s'établir une relation de confiance mutuelle : chaque personne humaine se sait accueillie et aimée telle qu'elle est, pour elle-même. N'est-ce pas la confiance qui est à la base de toute paix ? En effet, quelle paix pourrait s'établir dans un climat de méfiance ? La méfiance est ce qui divise, ce qui sépare : elle est l'oeuvre du diable (le diabolos, en grec, est celui qui divise). Or, la femme, nous dit la Genèse, est celle qui est appelée à écraser le Serpent, le tentateur qui a introduit la méfiance dans le monde.

Mais pour pouvoir éduquer à la paix, la femme doit d'abord la cultiver en elle : cette paix intérieure qui vient de la conscience d'être aimée de Dieu et de la volonté de répondre à cet amour. Or cette vocation à l'amour est constitutive du génie féminin. Aussi on peut dire à juste titre que "la guerre est un crime contre l'homme, mais plus encore contre la femme". Faisons écho à Albert Chantraine qui disait : "Femme tu peux !"

"Femme ! Si tu veux, tu peux créer dans ce monde une révolution : une révolution de beauté, par ton amour et ta raison.
Tu peux tout, parce qu'au fond de toi règne constamment la non-violence, et que la douceur de ta voix peut beaucoup par ton éloquence.

  • Parce que ton corps a enfanté, tu as mieux compris la souffrance.
  • Parce que ton coeur a tout donné, tu as ressenti l'espérance.
  • Certes, tu comprends l'homme mieux que lui, car tu l'as conservé en toi.
  • Dans son embryon, il apprit tout l'alphabet des premiers pas.
  • Femme, tu peux certainement changer cet homme qui ne sort que de toi.
  • Inculque lui la vérité : c'est ta vocation, c'est ton droit.
  • Femme ! Tu dois faire comprendre à l'homme qu'il ne peut répandre le sang ; car tout le sang qu'il verse, en somme, vient de ta vie, vient de tes enfants.
  • J'aimerais que tu fasses en sorte que, tout petit, l'homme soit guidé vers un idéal qui le porte à ne jamais te faire pleurer".

"Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu" (Mt 5, 9). Femme, à l'image de la Vierge Marie, n'est-ce pas ton rôle premier et essentiel d'ouvrir l'homme à sa vocation de fils de Dieu ?