7. Merci à toi, femme-fille et femme-soeur

"Merci à toi, femme-fille et femme-soeur, qui apportes au foyer familial, puis dans le complexe de la vie sociale les richesses de ta sensibilité, de ton intuition, de ta générosité et de ta constance" (n° 2).

Voilà un aspect de la vie où le génie de la femme s'exerce de manière particulière : la filiation et la fraternité. Il s'exerce en tout premier lieu dans la famille. Par le simple fait d'être, par sa seule présence, la femme joue un rôle éducateur auprès des hommes de la famille : le père, les frères. Il est frappant de constater la différence de maturité entre des garçons, selon qu'ils ont eu ou non la grâce de vivre une relation fraternelle avec des soeurs ou des filles de leur entourage proche. En effet, Jean-Paul II rappelait, dans l'exhortation apostolique sur "Les tâches de la famille chrétienne" (Familiaris Consortio) que "la promotion d'une authentique communion de personnes responsables dans la famille devient un apprentissage fondamental et irremplaçable de la vie sociale, un exemple et un encouragement pour des relations communautaires élargies,  caractérisées par le respect, la justice, le sens du dialogue, l'amour" (Familiaris Consortio n° 43).

Par sa seule présence fraternelle, la femme est une aide précieuse pour l'homme : en découvrant sa soeur, il apprend à connaître la femme, à en découvrir toute la richesse intérieure que nous avons déjà évoquée à propos du génie de la femme, et à la respecter ; et ceci d'autant plus que, comme le Pape le soulignait dans sa "Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint 1995" : "Une soeur est une garantie de désintéressement... Ce don désintéressé d'une féminité fraternelle baigne de lumière l'existence humaine, fait naître les meilleurs des sentiments dont l'homme soit capable et laisse toujours après lui une trace de reconnaissance pour le bien gratuitement offert" (Lettre aux prêtres 1995 n° 5).

Il faut souligner ici la responsabilité de la femme à propos d'une notion aujourd'hui très dévalorisée : la pudeur. Jean-Paul II n'en parle pas expressément dans sa lettre. Mais quand il s'insurge contre des mentalités et des pratiques qui font de la femme un objet de plaisir et de commerce, on peut y voir les publicités et propositions de tous ordres exposant des femmes nues, mais également les émissions "voyeuristes" qui poussent les personnes à aller trop loin dans les confidences... bref, tout ce qui force l'intimité de l'être humain. Or, c'est de la femme que l'homme devrait apprendre la pudeur, parce que son génie propre est dans l'intériorité, et que la pudeur, précisément préserve cette intimité de la personne.

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique nous rappelle que "la pudeur désigne le refus de dévoiler ce qui doit rester caché. Elle est ordonnée à la chasteté dont elle atteste la délicatesse. Elle guide les regards et les gestes conformes à la dignité des personnes et à leur union. La pudeur protège le mystère des personnes et de leur amour. Elle invite à la patience et à la modération dans la relation amoureuse ; elle demande que soient remplies les conditions du don et de l'engagement définitif de l'homme et de la femme entre eux" (CEC n° 2521 et 2522). "La pudeur est modestie. Elle inspire le choix du vêtement. Elle maintient le silence et la réserve là où transparaît le risque d'une curiosité malsaine. Elle se fait discrétion" (CEC n° 2522). "La pudeur inspire une manière de vivre qui permet de résister aux sollicitations de la mode et à la pression des idéologies dominantes.... Elle reste le pressentiment d'une dignité spirituelle propre à l'homme" (CEC n° 2523).

Si, à juste titre, nous devons nous insurger et nous défendre contre toute atteinte à la dignité et à la liberté de la femme par une mainmise de l'homme sur elle, notamment dans le domaine de la sexualité ; si à juste titre, le Pape rappelle les hommes à leur devoir de respecter toute femme comme une personne humaine qui lui est égale en dignité et sur laquelle il n'a aucun droit, nous devons, nous, femmes, avoir pleinement conscience de notre responsabilité devant l'homme. Par nos attitudes, nos propos, notre manière d'être, de nous habiller même -toutes choses qui sont l'expression de notre intériorité- nous pouvons aussi bien inspirer une admiration respectueuse de l'homme vis-à-vis de la femme, que provoquer des sentiments de désir et de domination. Et nous savons que si l'homme consent à de tels sentiments, ils ne lui apporteront à long terme que déception et tristesse. Une aide qu'au plus profond de lui-même l'homme attend de la femme, c'est de lui montrer la beauté de la pureté, pour l'attirer vers cette pureté pour lui-même. "Enseigner la pudeur à des enfants et des adolescents, c'est éveiller au respect de la personne humaine" (CEC n° 1523).

Femme, comme fille et comme soeur, dans tes relations familiales, professionnelles, sociales, veille à la pureté de ton coeur et de ton corps, de tout ton être : "bienheureux sont les coeurs purs, ils verront Dieu" (Mt 5, 8). Et "non seulement ils voient Dieu, mais on voit Dieu à travers eux" (Gilbert Cesbron). Femme, l'homme a besoin de voir Dieu à travers toi : ne le déçois pas ; ne défigure pas l'image de Dieu, mais laisse-la resplendir en toi dans toute sa beauté et sa pureté.